Ce que j’ai à vous direAu départ, je voulais surtout bien faire.
La façon dont nous avons appris l’orthophonie est-elle vraiment au service de nos patients ? Et de nous-mêmes ?
Je voulais devenir orthophoniste depuis mes treize ans. Une amie de ma famille m’avait accueillie dans son cabinet : j’y avais découvert un métier vivant, humain, ancré dans le quotidien des personnes.
Après mes études à Bruxelles, à l’Institut Marie Haps, j’ai été diplômée en 2017. Puis j’ai exercé à Lille, à Lyon, en Normandie, en Nouvelle-Calédonie et en Guadeloupe. En cabinet, à domicile et en structure, auprès d’enfants comme d’adultes.
Partout, malgré les différences de lieux et de patientèles, je retrouvais les mêmes questions : des familles qui attendent, des suivis qui s’allongent et des progrès qui ne trouvent pas toujours leur place dans le quotidien.
Je préparais énormément. Je personnalisais mes séances, je créais du matériel, je me formais. Je donnais des exercices à faire à la maison, mais je ne savais pas toujours ce qu’ils changeaient réellement pour le patient et sa famille.
La remise en questionPlus je doutais, plus je travaillais.
Petit à petit, j’ai commencé à m’épuiser. À perdre ma motivation, à sortir des jeux presque automatiquement, à m’ennuyer parfois… tout en stressant à l’idée d’aller travailler.
Je me sentais seule dans les prises en soin. Je m’agaçais quand les exercices n’étaient pas faits ou quand je ne voyais jamais les parents. Et aussitôt, je m’en voulais.
Pas assez formée. Pas assez outillée. Pas assez efficace.
Alors je me formais encore, j’achetais du matériel, je cherchais à être l’orthophoniste parfaite. Cette quête d’efficacité prenait toujours plus de place, sans apaiser mes doutes.
À l’été 2021, j’ai envisagé d’arrêter l’orthophonie.

Pourquoi « Logopouce » ?Donner un coup de pouce pour continuer le chemin.
Dans cette image, je fais monter les familles. Je les écoute, je leur donne un cap, des repères, des idées simples. Puis je les redépose un peu plus loin, plus confiantes et plus outillées pour poursuivre leur route.
Pas besoin de faire toute la route à leur place. L’idée était de leur donner les moyens d’avancer.
C’est ainsi qu’est né le nom Logopouce, avec aussi un clin d’œil à mes études en Belgique, où l’on parle de logopédie.
Le chemin parcouru
De 2017 à aujourd'hui.
- 2017Diplômée de l'Institut Marie Haps, à Bruxelles. En quatre ans et demi, j'exerce à Lille, à Lyon, en Normandie, en Nouvelle-Calédonie et en Guadeloupe. Partout, les mêmes listes d'attente.
- Été 2021Je veux arrêter l'orthophonie. Puis une image s'impose : des familles qui attendent au bord de la route, le pouce levé, et moi avec un van pour les faire monter. Logopouce est né.
- 2022Les premiers programmes vidéo pour les familles en attente d'un rendez-vous.
- 2023Deux premiers mémoires soutenus à Lyon, en langage oral et en lecture, avec plus de 150 parents.
- 2024Mémoire sur la parole, avec groupe contrôle : 91 % des parents manquaient d'outils avant le programme, 9 % après. Plus de la moitié n'estiment plus avoir besoin d'un suivi. Premiers articles publiés, dont un dans Ortho Magazine.
- 2025Mémoire sur le bégaiement : le sentiment de compétence parentale progresse de 24 %, et seul 1 parent sur 23 manque encore d'outils.
- 2026Mémoire sur les enfants avec peu ou pas de langage avant 4 ans. Le guide de la méthode et la formation à la méthode DOMS.
- Oct. 2026Je lance LogoPlans, notre nouvelle plateforme pour créer, personnaliser et partager les plans d'intervention avec les familles.
- Aujourd'hui1 800+ vidéos et supports, 3 500+ participations à nos formations et webinaires. Des orthophonistes qui retrouvent du plaisir à exercer, des familles outillées et compétentes, en route vers une nouvelle façon de pratiquer l'orthophonie.
Du projet personnel à l’aventure collectiveLogopouce a grandi avec les orthophonistes.
Au départ, l’idée était de proposer aux parents des vidéos et des supports pour comprendre les difficultés de leur enfant et trouver des façons d’agir dans leur quotidien, sans attendre et sans culpabilisation.
En accompagnant les familles en dehors du cadre des séances, j’ai commencé à mettre en place ce que je ne savais pas encore nommer : l’intervention indirecte. Outiller les familles et les intervenants du quotidien pour agir là où le patient vit, et pas uniquement là où nous exerçons.
Puis Logopouce a rencontré des orthophonistes. Leurs questions, leurs retours et leurs situations cliniques ont fait évoluer le projet. La bibliothèque de ressources s’est enrichie. La formation et l’accompagnement ont pris leur place.
Aujourd’hui, nous réunissons une méthode pour construire le soin avec les familles, un outil pour créer et partager les plans d’intervention, et une équipe pour accompagner leur mise en pratique.
Ce chemin m’a permis de retrouver ce qui m’avait donné envie de devenir orthophoniste : aider les personnes dans leur vie quotidienne, en travaillant avec elles et leur entourage.
Capucine