La façon dont nous avons appris l’orthophonie est-elle vraiment au service de nos patients ? Et de nous-mêmes ?
Et si l’efficacité en orthophonie ne se jouait pas uniquement en séance, mais surtout en dehors du cabinet ?
Et si cette impression de ne jamais être assez formée, assez outillée, assez compétente ne venait pas de nous, mais de la façon dont on nous a appris à penser le soin ?
Je vous pose ces questions parce que cette quête d’efficacité m’a épuisée.
Et qu’elle m’a, à un moment, fait remettre en question mon métier d’orthophoniste.
Quand j’ai commencé à exercer, en 2017, je faisais comme beaucoup. Je travaillais beaucoup. Je préparais énormément. Je voulais bien faire.
J’avais des listes d’attente pleines, avec des parents inquiets, parfois en détresse, prêts à tout pour aider leur enfant.
Et pourtant, une fois les suivis commencés, je me retrouvais souvent face à des parents absents. Peu présents aux séances. Peu impliqués dans le quotidien.
Je donnais des exercices. Je proposais du matériel. Je répétais.
Et je voyais bien que ça ne fonctionnait pas vraiment.
Qu’est-ce qui clochait ?
Je suivais des enfants une à deux fois par semaine, pendant des mois, parfois des années. Les prises en soin s’éternisaient. Je ne savais plus toujours quand ni comment les arrêter. Et j’avais cette sensation tenace de faire avancer la barque seule.
Je me sentais frustrée. Frustrée de m’épuiser autant pour si peu de généralisation. Frustrée de ne pas retrouver, dans le quotidien, ce que je travaillais au cabinet.
Alors je me suis dit que le problème venait de moi.
Que je n’étais pas assez formée. Pas assez outillée. Pas assez efficace.
Comme beaucoup d’orthophonistes, j’ai fait ce qu’on fait quand on doute. Je me suis encore formée. J’ai acheté du matériel. Beaucoup de matériel. Je cherchais la bonne technique, le bon outil, la bonne méthode.
Et plus je cherchais, plus je doutais.
Je n’avais pas encore réalisé que passer trente minutes par semaine avec un patient, c’était moins de 1 % de son temps d’éveil.
Je n’avais pas encore réalisé que l’essentiel du changement se jouait ailleurs. À la maison. À l’école. Dans le quotidien.
Je n’avais pas encore réalisé que les parents n’étaient pas un frein au soin, mais une partie essentielle de la solution.
J’ai exercé l’orthophonie pendant plusieurs années, dans de nombreux cabinets, dans des contextes très différents, en France et ailleurs. Et partout, malgré les différences de lieux et de patientèles, je retrouvais les mêmes problématiques : des listes d’attente interminables, des patients suivis depuis des années, des orthophonistes fatiguées, parfois découragées, souvent seules dans le soin.
J’ai eu la chance de pouvoir prendre du recul assez tôt. D’observer. D’échanger avec d’autres collègues. De tester autre chose.
Petit à petit, j’ai commencé à penser le soin autrement. À déplacer le regard. À m’intéresser à l’environnement du patient, et pas seulement à ce qui se passait au cabinet.
Et j’ai vu que lorsque les familles étaient réellement impliquées, les prises en soin devenaient plus efficaces, plus cohérentes, et souvent plus courtes. Et que, de notre côté, on retrouvait du sens, de l’élan, et une autre posture professionnelle.
Logopouce est né de ce chemin-là.
De cette envie de ne plus porter le soin seule. De faire équipe avec les familles. Et d’agir là où les patients vivent réellement.
Tout ce que j’ai appris, je l’ai structuré dans une méthode et une plateforme, pour aider les orthophonistes à intégrer l’accompagnement parental et l’intervention indirecte dans leur pratique, à leur rythme, selon leurs contextes.
Si ces questions vous traversent aussi, si vous vous sentez parfois seule, inefficace ou en décalage dans vos prises en soin, alors vous êtes au bon endroit.
Bienvenue chez Logopouce.